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Se laver en Nouvelle-France : les cheveux

 

26 septembre 2011

Nos ancêtres avaient les cheveux gras, sales, lourds et sentant fort mauvais. C'est évident. Sans oublier l'utilisation de poudre qui faisait des croûtes et attirait les souris.Criant

Ok...revenons au réel maintenant...Innocent

Depuis 2007, j'expérimente l'entretien des cheveux à la façon du XVIIIe siècle lors de mes évènements de reconstitution historique. Ma toute première expérience remonte à la fin de l'hiver 2007, alors que je venais de terminer ma fameuse robe de soie bleue. Je désirais l'essayer et prendre quelques photos avec le maquillage et la coiffure adéquats. À cette époque dans ma vie moderne, je devais me laver les cheveux tous les jours car ils venaient rapidement gras. J'ai donc laissé mes cheveux "nature" pendant 10 jours...10 jours sans les laver...Ils étaient horribles, je vous le jure: plats, ternes, sentant le pas frais, lourds...(je n'en rajouterai pas plus Rigolant). Qu'est-ce que je ne ferais pas comme expérience pour mieux comprendre le passé? 
 
Puis j'ai poudré mes cheveux comme il le faut, mèche par mèche avec ma houpette de cygne. Miraculeusement, mes cheveux sont devenus doux, sentant bons, légers et volumineux. Et la session photo a pu avoir lieu... Voici une photo de cette session... Ai-je les cheveux lourds, gras, tappés et sales? 
 
 
 
J'ai donc compris rapidement l'efficacité hygiénique et esthétique du shampooing sec!  
 
 
L'usage de la poudre pour se nettoyer les cheveux n'est pas une nouveauté en 1750. On l'utilise depuis des siècles dans une variété de formules. Certaines étaient à base d'amidon de riz, de blé ou de maïs, de talc, de corail, de racine d'iris, divers épices ou fleurs réduits en poudre, etc.
 
Ce qui est nouveau au XVIIIe siècle est d'user de la poudre pas seulement comme nettoyant, mais comme cosmétique. En effet jusque là, la poudre était utilisée que comme un nettoyant. On se poudrait au besoin le soir, le tout agissant la nuit sous le bonnet. Au matin, on peignait la chevelure avec un peigne à dents très fines nommé décrassoir (aussi appelé peigne à poux...car oui cela peut aussi servir à cela Clin d'œil ). On pouvait compléter la procédure en frottant les cheveux et le cuir chevelu avec un linge humecté d'eau de toilette (eau parfumée sous forme d'un alcool, d'un vinaigre ou d'une huile...selon son type de cheveu, c'est aussi ici qu'apparaît le fameux jaune d'oeuf ou l'eau de vie utilisée pour l'entretien des cheveux). Ceci aidant à enlever les restants de poudre tout en traitant le cuir chevelu et les cheveux eux-mêmes. C'était aussi un excellent massage pour activer et réquilibrer les humeurs au matin! Une fois bien dépoudrés, les cheveux revenaient de leur couleur naturelle, comme sur ce tableau de la fin des années 1750... 
 
 
(Louise d'Épinay par J.E Liotard, Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève, 1759)
  
Mais, si on décidait de laisser la poudre, voire d'en rajouter une fois la coiffure terminée, on avait un joli effet velouté. Au besoin, si on désirait un effet encore plus blanc, on faisait fondre un peu de pommade dans nos mains qu'on étendait sur les cheveux. Non seulement cela servait de fixatif coiffant, mais permettait à plus de poudre de tenir. La coiffure restait ainsi bien en place toute la journée. Le soir, on utilisait le décrassoir pour bien gratter la poudre, la pommade, le sébum et les poussières. Les cheveux étaient ainsi nettoyés. On se coiffait pour la nuit et mettait son bonnet. On recommençait ainsi de suite le lendemain! Cette utilisation cosmétique donnait un résultat comme sur cet autre tableau, des années 1740... 
 
 
(Madame de Sorquainville par J.B. Perronneau, Musée du Louvre, 1749)
 
Voici deux photographies de reconstitution de chevelures poudrées, en premier la fille de mon homme et ensuite moi-même. Cette idée de velouter la chevelure de gris rend la femme sans âge...laissant ainsi le doute planer sur son âge réel, la mettant dans un flou lui permettant de miser sur d'autres atouts. On aime entre autre les yeux noirs soulignés par des sourcils bien présents, question de donner au regard toute son expression. C'est charmant non? La mode étant ce qu'elle est, moins de 100 ans plus tard ce sera fini des cheveulres à l'aspect sec, poudré et velouté, on ne jurera que par les cheveux avec un aspect huilé, foncé et mat!!!!
 
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J'ai fait cet entretien à la poudre pendant 10 jours lors de mon séjour à Louisbourg. Notez que maintenant, je ne laisse plus mes cheveux devenirs gras avant les évènements. Je les prends comme ils sont au début de mon activité historique et au lieu de me shampouiner lorsque le besoin est là, j'utilise la poudre comme je l'aurais fait en 1750. Il est d'ailleurs beaucoup mieux de se poudrer régulièrement que d'attendre que la chevelure soit trop sale. Un peu comme en 2011: vaux mieux se laver les cheveux régulièrement et non pas attendre d'avoir la tête dégueu. Voici une photographie prise de mes cheveux une fois les 10 jours passés à Louisbourg...
 
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Le résultat avec cet entretien est vraiment bien, la tête de pique pas et ne sent pas mauvais. Bref, bien des mythes qui s'envolent!!! Oubliez toutes les histoires ridicules sur cette méthode d'entretien. Les souris et les poux n'ont rien à cirer de la poudre!
 
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Alors, chers amis, je ne veux plus jamais entendre qu'on avait la tête dégoutante au XVIIIe siècle! Bien sûr, à moins que vous me trouvez dégoutante sur les photos de ce billet...là je ne peux rien y faire!Langue tirée
 
Oui si on transpire la poudre s'agglutine un peu et demande un peu plus de nettoyage le soir venu. Mais je trouve cela bien moins désagréable à subir que le spray net qui nous coulait dans la figure lorsqu'on suait trop ou bien qu'on se faisait prendre par la pluie dans les années 1980...CoolA u moins, la poudre ne pique pas les yeux et ne goûte pas méchant!
 
Et oui si en 2011 il y a des personnes qui ont les cheveux mal entrenus et qui sentent de la tête, cela arrivait aussi en 1750. Probablement ni plus, ni moins!
 
Oubliez aussi l'histoire que l'usage de poudre faisait des famines. Les types de produits utilisés pour la poudre n'étaient pas nécessairement les mêmes que pour faire du pain (voyez la liste d'ingrédients possibles en début d'article). Et en 2011, même pauvre on investi quand même dans du shampooing, tout comme en 1750, il y avait aussi des poudres moins dispendieuses pour les gens moins nantis mais voulant être propres. 
 
J'espère une fois de plus vous avoir départis de certains clichés! Sourire
 
Si jamais vous avez besoin de mes services pour coiffer des perruques ou pour vous faire coiffer, pour une activité spéciale, pour des comédiens ou présenter un atelier de coiffure historique...N'oubliez pas que c'est le type de service que j'offre! N'hésitez pas, j'ai encore plein de choses à dire sur le sujet! Rigolant
 
Bonne semaine!
Psittt...n'oubliez pas, vous trouverez tous mes billets précédents par ici: http://evelynebouchard.e-monsite.com/rubrique,liste-des-billets-du-blog,839624.html

Copyright © Evelyne Bouchard 2011







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