Costume de la haute société en Nouvelle-France

 

30 janvier 2011

Dans plusieurs billets précédents, j'ai abordé la tenue journalière des habitantes, ces femmes qui composaient la grande majorité de la population en Nouvelle-France. Pour le plaisir, je vous invite cette fois-ci à découvrir la garde-robe des femmes de la haute société canadienne en 1750. Bien que la coutume d’avoir un habillement pour chaque moment précis de la journée ne fût pas encore de mise, il y avait néanmoins quelques possibilités selon les occupations. Je vous propose ici quelques variantes.

 

Les sous-vêtements

Les sous-vêtements étaient les mêmes que chez les habitantes, soit bas, jarretières et chemise. Cette dernière étant souvent garnie de manchettes et d’un tour de col de dentelle ou de mousseline. Ceux-ci étant faufilés et enlevés pour être lavés délicatement à part. Bien sûr, la femme de la haute société préférait le corps baleiné, plus serré et plus rigide que le corset.

  

 

À gauche, ma reconstitution des sous-vêtement ci-haut mentionnés: chemise de lin garnie et corps baleiné. À droite sous-vêtements originaux du XVIIIe siècle (Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/).

 

 

 

Le déshabillé

Tenue intime uniquement portée chez soi, on n’allait nullement en public ou dehors ainsi vêtue. Sur les sous-vêtements était enfilé une robe de chambre ou un manteau de lit. Selon l'occasion (faire sa toilette, passer son avant-midi, etc.) la mise était complétée par un jupon, une camisole, un corps, etc.

  

 

Robe de chambre en soie damassée verte portée à la toilette et manteau de lit en coton damassé rose porté en tenue d'intérieur.  

  

 Tableau du XVIIIe d'une femme en robe de chambre.

 

 

 

Le négligé

La femme de la haute société portait cet habillement informel dans son quotidien pour vaquer à diverses tâches. Elle pouvait aussi aller en public ainsi vêtue. Cet habillement était composé d’un mantelet et d’un jupon, exactement comme les habitantes. Les seules différences résidaient dans la présence de tissus plus somptueux, de rubans de soie et de bijoux. Selon des observateurs de l’époque, il semble que cette tenue était très fréquente et ce, même chez les filles du gouverneur à Québec.

 

 

À droite, jupon de soie et mantelet d'indienne portés en négligé et à gauche un original en soie du Musée Galliera.

  

 

 

L’habillé

Madame était considérée comme « habillée » lorsqu’elle portait une robe. C’était une tenue plus formelle, plus élégante, indispensable pour bien paraître en société et participer aux diverses mondanités. Selon leur destinée, les robes étaient plus ou moins garnies de ruchés et de rubans. Une petite traîne prolongeait les plis du dos. Certaines habitantes possédaient aussi des robes, souvent en laine et plus sobres dans leurs garnitures.

  

 

Robe de jour en indienne et robe pour les occasions en taffetas de soie bleue.

  

  

(Portrait de madame de Pompadour en robe par François Boucher, 1759, Wallace Collection)

  

 

Habit de voyage ou de chasse

Cet habillement empruntait des éléments à la tenue masculine. Une demi-chemise coupée comme celle des hommes couvrait le haut du corps. Veste et justaucorps, avec quelques modifications « féminisantes » complétaient la tenue. En France, ce type de costume se retrouvait dans les garde-robes des femmes qui allaient à la chasse. C’était aussi une tenue portée pour les voyages, les promenades et autres moments où une robe était encombrante et où un négligé avec son décolleté était tout aussi inconfortable et incongru. Dans ses recherches dans divers lots d’archives de la région de Chambly, madame Suzanne Gousse n’a pas trouvé de mention de ce type d’habit. Donc, est-il quand même possible de penser que des Canadiennes en auraient porté pour naviguer sur le Saint-Laurent lors de leurs déplacements entre Montréal et Québec ? Ou encore pour de plus petits déplacements, des sorties à la campagne ? Nous n’avons en ce moment aucune certitude...

  

 

Habit en lin bleu et habit en taffetas de soie rose (à vendre en passant...)

 

 

  

Tableau conservé au Musée de la Chasse et de la nature (http://www.chassenature.org)

 

 

Voilà le survol promis! Bien sûr, toutes ces tenues sont celles que je porte (ou que j'ai déjà portées) lors de mon interprétation de Madame de Périgny en reconstitution historique (www.lashim.com ). J'espère que ce petit voyage dans les tenues plus sophistiquées vous a plu!!! Comme j'ai vendu plusieurs de ces costumes, dont la robe bleue, le manteau de lit rose et le mantelet en indienne, de nouveaux costumes sont à venir dans la prochaine année! Un renouveau fait toujours du bien! Car (pour ceux qui ont lu le billet sur la robe de soie bleue) mon personnage de Madame de Périgny va continuer sa "vie"! Changée, revampée...améliorée! Clin d'œil C'est donc à suivre!

 

À lundi prochain!

 

 

 

Copyright © Evelyne Bouchard 2010

Commentaires (4)

1. VA2011 02/05/2011

l'habit en taffetas de soie rose est-il toujours à vendre ?

2. Evelyne 02/05/2011


Non, il a été vendu il y a peu de temps...

3. bardon frédérique 07/03/2013

bonjour, je suis intéréssée par la veste de voyage, je voudrais savoir si les boutonnières peuvent être cachées par un galon (ruban?), ainsi que sur les manches et la poche? vendez vous des patrons de vos costumes? merci beaucoup et félicitations pour votre site. Frédérique

4. Evelyne 07/03/2013

L'habit de chasse rose a été vendu en 2010, tandis que je porte encore le bleu. Les boutonnières ne doivent pas être cachées, elles font partie du style, mais rien de vous empêche de le faire. Pour les patrons, je n'en vends pas. Mais vous pouvez trouver des patrons pour faire des costumes 18e en fouillant sur le web avec des mots comme «18th century patterns». Il existe plusieurs compagnies. En lisant tout mon blog, vous aurez aussi quelques liens et conseils au fil des pages.

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