15 mai 2012
Cette semaine mon billet se veut un hommage. Je désire vous parler de Mme Suzanne Gousse.
La carrière de Suzanne Gousse a débuté par l'étude du dessin de mode et de la haute-couture. Ce qui l'a menée à travailler dans les années 1970 pour des ateliers de costumes de théâtre, endroit où elle a approfondi les techniques de tailleur.
À la fin des années 1980 elle s'intéresse au loisir de reconstitution historique qui prend peu à peu de l'ampleur, surtout aux États-Unis. Au Québec ce sera le tout début des années 1990 qui verra cet avènement. Dès 1991, elle commence à faire des costumes du 18e siècle pour les adeptes de ce loisir. Bien vite, elle découvre qu'il y a peu de documentation de disponible sur les vêtements qui étaient porté ici, en Nouvelle-France, au 18e siècle.
Suzanne et ses enfants en costumes 18e...En 1992 à gauche et en 1997 à droite. Quelle différence au niveau de l'authencticité «avant» et «après» le début de ses recherches!
En 1995 elle publie le Lexique illustré du costume en Nouvelle-France, en collaboration avec son frère André. Ce livre sera traduit en anglais et aura un vif succès aux États-Unis. Bien vite, de par ses recherches, elle devient une pionnière dans le domaine. De son travail ressort un tout nouveau «look» que celui jusque là présenté (un peu comme ce que je vous racontais au sujet de mon défrichage sur le costume féminin en 1830 dans un autre billet). Non seulement ce travail donne un visuel, mais il permet aussi de cibler le vocabulaire juste pour désigner les pièces de vêtements.

Couverture de la 2e édition de la version anglaise du livre sur le costume
Jusqu'en 2001, elle réalisera des costumes des années 1740-1760 pour des particuliers, des musées et des sites historiques autant au Québec, au Canada ou aux États-Unis. La télévision et le théâtre ont aussi fait appel à ses services pour des habits historiques. Citons, la société Radio-Canada et la firme Cité Amérique se sont procurés chez elle des uniformes français et britanniques pour deux productions: « La Corrivau » (1995) et « Marguerite Volant» (1996). Outre sa publication de 1995, Suzanne a édité d'autres livres dédiés à la clientèle des reconstituteurs. Mentionnons ici les deux livres sur l'histoire militaire rédigés par François Gousse.

Deux des costumes réalisés par Suzanne Gousse pour le Château Ramezay-musée et site historique
Suzanne détient une maîtrise en histoire de l'université de Montréal. Son mémoire intitulé Les couturières en Nouvelle-France. Leur contribution socioéconomique à une société coloniale d'Ancien Régime a été dirigé par Thomas Wien et John A. Dickinson. Elle poursuit depuis septembre 2009 avec une étude de la ville de Montréal au XVIIIe siècle.
J'ai eut le privilège d'être son assistante pendant deux ans. C'est lors de cette collaboration professionnelle, entre 2000 et 2001, que j'ai appris à réaliser mes premiers costumes du 18e siècle. Moi qui jusque là, ne faisait que des costumes médiévaux, il y avait là tout un défi. Surtout découvrir de nouvelles techniques de coupe et de couture qui m'étaient jusque là inconnues...Un des beaux projets réalisés ensemble fût la création et la mise en marché d'une collection de patrons pour costumes historiques Nouvelle-France et médiévaux pour le marché international des reconstituteurs. Les droits de ces patrons sont aujourd'hui entre les mains d'une compagnie allemande (http://www.neheleniapatterns.com/english/englishsite.html) et encore distribués internationalement.

À gauche: pochette du patron pour costumes masculins des 11e et 12e siècles; à droite: pochette pour costume féminin de 1740-1760.
J'avais rencontré Suzanne en 1995 au Manoir Mauvide-Genest. Elle y était en animation historique de tailleuse d'habit. De mon côté, je débutais dans le costume historique et j'avais été époustouflée (d'enfin!) rencontrer une autre costumière qui avait la même vision que moi, le même désir d'authenticité. Pourtant à cette époque j'étais bien loin de ce que je fais aujourd'hui! Mais cette Suzanne m'avais littéralement impressionnée, elle était devenue pour moi le symbole de ce qu'il fallait faire, de ce que je voulais faire. Si bien que lors de mon arrivée à Montréal en 1999, quand elle m'offrit de travailler avec elle, ce fût un grand moment pour moi. J'ai travaillé deux ans avec Mme Gousse. J'ai appris beaucoup. Elle a été d'une grande influence pour moi. Disons que ce que j'ai appris avec elle aura été un tremplin pour aller encore plus loin, découvrir encore d'autres époques et d'autres techniques.

Suzanne en animation historique de «tailleuse d'habits»
Le travail de Suzanne peuple aujourd'hui les musées, les sites historiques et le milieu des reconstituteurs. Que ce soit directement via ses propres réalisations de costume, par le biais de l'utilisation de ses patrons ou encore par l'inspiration, la copie, l'observation ou l'étude de tous les aspects de son travail. Indéniablement, elle a changé l'apparence de ce qui se voulait 18e siècle. Elle a défini l'apparence du Canadien et de la Canadienne du milieu du 18e siècle en Nouvelle-France. Aujourd'hui, tous ceux qui portent un capot, un mantelet ou un jupon à demi-jambe ne le savent pas, mais il doivent tous leur style au travail de Suzanne!
Merci Suzanne!


Les styles féminin et masculin typiques documentés par les recherches de Suzanne Gousse (ici des photos de la Société d'histoire In Memoriam).
À la semaine prochaine! Portez-vous bien!
Copyright © Evelyne Bouchard 2012
Les photos et les informations sur le parcours de Suzanne proviennent principalement de ce site: http://www3.bell.net/louis_matte/fdl/index.htm
Ajout de dernière minute!!!!

11 mai 2012
Mercredi soir le 9 mai avait lieu à la Maison Saint-Gabriel (http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/) le vernissage de l'exposition Les deux font la paire. Pour les passionnés de mode et/ou d'histoire, cette exposition est un must! Le parcours de l'exposition ne se veut pas chronologique, mais plutôt thématique, en osant des liens peu communs entre le passé et le présent. Cette exposition propose un regard croisé sur la mode d’hier et d’aujourd’hui, 300 ans de chaussures qui ont des similitudes. Elle invite le visiteur à comparer, à poser un regard nouveau et différent sur ce qu’il chausse et ce que l’on chaussait il y a 100 ou 200 ans.
La Maison Saint-Gabriel (http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/)
Le titre Les deux font la paire fait référence à la paire de souliers telle que nous la connaissons. Mais cette expression peut faire aussi référence aux duos créés ici entre la mode et l’histoire, le passé et le présent, la nouveauté et l’intemporel. L’une à la même forme que son aïeule d’il y a 90 ans; tandis que deux autres paires, séparées de 160 ans, ont la même couleur et une décoration similaire sur leurs empeignes. Devant toutes ces paires de chaussures, vous aurez réponse à des questions surprenantes telles que:
Qu’est-ce qu'il peut bien avoir de commun entre une paire de Louboutin et celle portée par une jeune mariée en 1781?
Est-il possible d’imaginer qu’il y a un lien ancestral entre la chaussure de sécurité à cap d’acier et les Crocs?
Quel est le lien entre ce qui était à la mode lors des revendications des Patriotes, Brigitte Bardot et le Lac des Cygnes?
Vue générale d'une section de l'exposition
En effet, j'ai agis comme consultante pour la «recherche et documentation». Concrêtement, cela veut dire que j'ai fait la recherche des chaussures dans les musées et les boutiques afin de proposer les fameuses «paires» au comité. Ensuite, le comité a choisi parmis les paires proposées. De plus, mon travail de documentation a servi à la rédaction des textes de l'exposition. Finalement, j'ai fait les supports pour les chaussures. C'est à dire les supports intérieurs des souliers afin de leur donner une belle forme tout en aidant à la conservation préventive des chaussures anciennes, si fragiles.
En compagnie de la conservatrice, Mme Roch, lors du vernissage.
2 mai 2012
La robe 1659! Enfin, le voici, le voilà, le fameux costume 1659 que je vous parle depuis plusieurs mois. 
C’est la compagnie Vox Historiae (www.vox-historiae.com ) qui a communiqué avec moi à la fin de 2011. Le Château de Hautefort (www.chateau-hautefort.com ) en Dordogne (France) désirait refaire sa campagne publicitaire pour 2012. Pour ce faire, le château a chargé Vox Historiae d'assurer la direction de casting et de reconstitution du projet. Cette entreprise française a alors fait appel à mes services afin de personnifier et habiller Marie de Hautefort, personnage clé du château.
Comme le château possédait un portrait de la dite Marie, je proposai d’en faire une reproduction. Pour des raisons de coût et de délais, une seule modification fût apportée aux manches. Pour le reste, tout a été scrupuleusement observé afin de faire une reproduction la plus fidèle possible.

Portrait de Marie de Hautefort (Visuel du Château de Hautefort, France; site :www.chateau-hautefort.com)

Ma reproduction (Visuel de promotion du Château de Hautefort, France; site :www.chateau-hautefort.com)
La robe est portée sur une chemise de lin garnie de manchettes d’organdi blanc et d’un fin ruban de soie noire, ainsi que sur un jupon de lin blanc. La robe est en 3 parties : corps de robe, bas de robe et jupe. La jupe et le bas de robe sont en taffetas de soie blanc, avec deux rubans de satin de soie noirs pour le bas de jupe. Le corps de robe est la pièce de subsistance! La base est en toile de lin, entièrement baleinée de jonc naturel. Au devant, un long busc de bois inséré dans une pochette de lin vient rigidifier le tout. Le dessus est en taffetas de soie noir et blanc, avec 776 perles le garnissant. Perles blanches et noires, cousues avec beaucoup d’amour!
Pour des raisons de coût et de disponibilité dans les grosseurs, nous avons choisi des perles d’imitation de marque Swarovski. L’encolure est ornée d’une dentelle fine de coton blanc posée à plat. Pour la petite histoire, le corsage pèse à lui seul 1 kilo (2.25 livres)!

Détail de l'intérieur du corsage.

Le busc de bois sortant de sa pochette.

Quelques perles...
Pour compléter la tenue comme sur le tableau, des rubans de satin de soie noirs ont été mis aux avant-bras, ainsi qu’un collier de perles. La coiffure reprend le style du portrait, ainsi que le maquillage. Teint clair, joues et bouche rouges, tandis que les yeux sont très naturels, au point de ne même pas voir les cils. Par contre les sourcils sont foncés et bien dessinés. Pour la coiffure, on parle d’un chignon haut sur l’arrière de la tête, avec des boudins tombants de chaque côté du visage.

Quelques vues de ma reproduction (Visuel de promotion du Château de Hautefort, France; site :www.chateau-hautefort.com)
J’ai donc fait une session de photographies pour le château afin qu’ils puissent utiliser cette «nouvelle» Marie de Hautefort pour leur promotion : affiches, site web, publicités, etc. Le point fort de cette campagne publicitaire est la nouvelle affiche qui se trouve en visibilité à Bordeaux et sa région depuis le 1er mai…

L'affiche! (Visuel de promotion du Château de Hautefort, France; site :www.chateau-hautefort.com)
Si jamais certains d’entre vous passent devant cette affiche, je serai bien comblée si vous m’en preniez une photo. Que je vois ce que cela a l’air «sur le terrain» comme on dit! 
Ce fût un projet magnifique pour lequel j’ai eut beaucoup de motivation, de fierté et de plaisir. J’espère que vous aimerez autant que moi la robe, les photos…et le château! Un gros merci à Jean (photographe), Gynette (habilleuse) et Morris (chauffeur).
Bien sûr cette robe est celle d’une femme de la haute société, même de la noblesse française du 17e siècle. Cependant, au cours de la prochaine année, plusieurs costumes de la même période devraient peupler les pages de mon blog…mais en version femme du commun! C’est à suivre !
À la prochaine!
Copyright © Evelyne Bouchard 2012

Marie de Hautefort (Visuel de promotion du Château de Hautefort, France; site :www.chateau-hautefort.com)
25 avril 2012
En ce mercredi, je viens vous présenter mes trois dernières réalisations. Il s'agit de 3 costumes des années 1830 réalisés pour la Maison nationale des Patriotes (http://www.mndp.qc.ca/) à Saint-Denis-sur-Richelieu. Tout d'abord il faut savoir qu'il y a une longue histoire de collaboration entre cette institution et moi. La livraison de ces costumes m'a donné le goût de vous en raconter un peu plus...
En 2002 j'avais fait une première collection de costumes pour eux. C'était mes premières créations 1830.
Il faut savoir que les années 1830 sont très importantes au niveau de l'histoire politique du Québec et du Canada. Ainsi, plusieurs historiens se sont penchés sur les faits, souvent pour promouvoir des idées politiques actuelles, d'autres fois avec plus de neutralité. Malgré tout, personne ne semblait s'être penché sérieusement sur le costume de cette époque, surtout féminin. Que ce soit les films, les illustrations ou les institutions muséales, tous répétaient les mêmes styles sans fondement réel. Lors du travail pour la Maison nationale des Patriotes, j'ai eut le plaisir de découvrir un tout autre style que celui que l'on nous présentait habituellement. C'est ainsi que cette institution fût la première au Québec (et au Canada...fort probablement!) à voir ses guides-interprêtes être vêtus correctement pour 1837. Même si cela ne correspondait pas à l'image typique, ils ont osé ! 
Les costumes réalisés en 2002...




(Ne vous fiez pas trop aux costumes masculins...ils ne sont pas historiques sur tous les points...
)

La mode internationale était suivie ici, nous n'avions rien à envier aux Européennes. Cette mode est facile à voir sur les tableaux d'époque, les gravures de mode et même sur les vêtements originaux conservés dans nos musées. Par contre, déchiffrer la tenue des femmes du commun était plus minutieux. C'est ainsi que je réalisa le fameux petit ensemble «jupe-mantelet-mouchoir de cou» si typique et représentatif. Style que l'on retrouve aisément sur les oeuvres de Cockburn, Krieghoff et Duncan pour ne nommer que ceux-là. Ce style que personne ne semblait avoir remarqué jusque là...

Bourgeoises vêtues à la mode internationale en pique-nique près de la chute Montmorency, James Cockburn, Musée national des beaux-arts du Québec.


Femmes du commun en «jupe-mantelet-mouchoir de cou», Cornelius Krieghoff, Musée McCord

Toujours ce petit style!, Bibliothèque et archives de Montréal
Entre 2004 et 2009, je peaufinai mes recherches, et surtout mes techniques, sur les vêtements 1830 afin de réaliser des costumes et des pièces de costumes pour des reconstituteurs historique de la Société d'histoire In Memoriam (SHIM: www.lashim.com ). Ce fut, à ma connaissance, le 1er groupe québécois reconstituant cette époque du côté civil. Voici deux jolies robes en coton imprimé, portées lors d'un pique-nique du groupe au Lieu historique national de Coteau-du-Lac (http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/coteaudulac/index.aspx) en 2007.

D'ailleurs c'est en novembre 2004, à la Maison nationale des Patriotes que la SHIM inaugurait ce groupe affilié de reconstitution des années 1835-38. Voici deux photographies prises lors de cette journée.
(Pour voir d'autres photographies de ce groupe de reconstitution historique: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.182477651787887.33433.182466091789043&type=3)


La Maison nationale des Patriotes achètera plusieurs de mes costumes que je ne désirais plus conserver pour la reconstitution historique, dont une robe en coton rose et gris, une robe en laine bourgogne et deux costumes d'enfants. Ils y sont toujours, servant pour les ateliers éducatifs et pour les activités spéciales.



Le site d'interprétation de l'île-des-Moulins de Terrebonne (http://www.ile-des-moulins.qc.ca/fr/) possède aussi une des mes anciennes robes 1836...Sur la photo, c'est celle de droite de couleur bleue foncée. Une robe réalisée en 1997 ou 1998, alors que je ne faisais même pas de reconstitution de cette époque. Imaginez, je vous ai parlé ici même de mon style 1900 porté dans les années 2000? Et bien avant de passer plusieurs années ainsi vêtue, j'avais des poussées d'excentricité. Et oui...vous auriez pu me rencontrer à l'épicerie ou au travail avec cette robe...
Intense vous dites? Oh que oui! 

En 2009, on communique avec moi pour la télésérie Roch & Rolland. Dans un épisode, une des scènes se passe lors du tournage d'un film se passant en 1837. C'est dans le Costumier de Radio-Canada que l'on me demande de trouver les costumes qui seront les plus historiquements corrects. Dans la section 1830..rien! C'est donc en mélageant des pièces de costumes de 1600 à 1950 que je vais arriver à reproduire le bon style! Le résultat sera vraiment intéressant!

En 2010, la Maison nationale des Patriotes refaisait entièrement à neuf son exposition permanente. Pour ajouter au visuel, ils me demandèrent de réaliser 3 costumes afin de représenter une famille bourgeoise. Je me suis bien sûr chargée de la tenue féminine, tandis que pour le côté masculin (exeption des cravates et des chemises) j'ai fais appel à mon collègue Stan Boyle (http://www.historyinthemaking.org/). Ils y sont toujours en exposition, juste en entrant!


Une autre institution, au printemps 2011, fit appel à mes services: le Lieu historique national du Canada du Fort Lennox (http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/lennox/index.aspx) . Ils désiraient 3 costumes féminins 1830 (que vous pouvez voir ici dans ce billet: http://evelynebouchard.e-monsite.com/blog/mes-realisations-conferences/le-costume-feminin-au-temps-des-patriotes.html) . Eux aussi possèdent une ancienne création, soit une robe pour filette, avec souliers, culotte et autres accessoires que voici:


En 2012, j'ai vu les premiers costumes 1830 «jupe-mantelet-mouchoir de cou» copiés sur mes créations. Dois-je prendre cela comme une victoire? D'avoir réussi à établir une nouvelle authenticité, une nouvelle norme pour cette époque? D'avoir ouvert la marche, d'avoir ouvert les yeux sur ce style? Dois-je y comprendre que mes recherches ont une certaine crédibilité, du moins assez pour être copiées? Je pense que oui, sans vouloir être trop fière.
Par contre, ce que je trouve dommage, c'est que certains détails sont copiés, alors qu'aujourd'hui je sais que cela n'est pas tout à fait bon ou plus tout à fait de l'année représentée. (Pour en savoir plus sur la copie de costumes, lire ce billet: http://evelynebouchard.e-monsite.com/blog/mes-realisations-conferences/prete-moi-ton-costume-que-je-le-copie.html).
Une chose est certaine: le style féminin des années 1830 authentique est de plus en plus présent dans nos groupes de reconstitution et dans nos institutions muséales. Alors, à quand une réalisation cinématographique ou télévisuelle avec les «bons» costumes?
Revenant à mes costumes livrés la semaine passée...
Bien sûr, il s'agit de 3 costumes modestes, adaptés pour le travail des guides-interprètes. Pour moi ce fût une expérience assez spéciale de refaire une garde-robe pour cette institution 10 ans plus tard! Notez que La petite séduction (http://www.radio-canada.ca/television/la_petite_seduction/) est allée faire un tournage dans le village de Saint-Denis-sur-Richelieu et par le fait même à la Maison nationale de Patriotes. Surveillez mon blog pour ne pas manquer la diffusion de cette émission...et certainement y voir mes costumes!
Sûrement ceux réalisés en 2012, et fort probablement ceux de 2002 et les autres...



Bonne semaine!
Copyright © Evelyne Bouchard 2012
16 avril 2012
Aujourd'hui : un billet mode masculine! L'idée m'est venue en recevant l'infolettre de la boutique Le Château (www.lechateau.com). Le titre disait: Pour lui: le gilet audacieux. Ce titre m'a interpellé. Pour moi un gilet audacieux était ce qui était porté dans les années 1830-1860...La mode 2012 pouvait-elle jouer d'autant d'audace?
Depuis environ un an ou deux, on offre dans les boutiques aux messieurs de porter le gilet. Cette pièce vestimentaire avait disparut du complet 3 pièces (pantalon, veston et gilet) pendant la Seconde Guerre mondiale afin de limiter l'utilisation de tissu, pour devenir l'habit 2 pièces que nous connaissons (pantalon et veston). On portait maintenant le gilet pour rendre une tenue plus chic, plus formelle. Bien sûr, le gilet n'a jamais totalement disparut, mais il ne faisait plus partie de la tenue quotidienne de tous comme il l'avait été auparavant. Avec la progressive disparition du gilet au milieu du 20e siècle, il sera de plus en plus correct de voir le corps de la chemise, chose impensable avant.
Le gilet est un vêtement sans manches et sans basques. La veste quand à elle, est un vêtement avec ou sans manches (selon les époques, l'occasion et les modes) et avec des basques. Peu à peu, la veste va perdre définitivement ses manches (dans la 2e moitié du 18e siècle) et ses basques vont tellement raccourcir, qu'elle deviendra une jumelle du gilet, ce qui mènera à sa disparition (dans le 1er quart du 19e siècle). Le mot veste survivra dans la langue québécoise pour désigner un gilet...Puisque si la mode a changée, le vocabulaire lui est resté le même, vu notre passage aux Anglais dans la 2e moitié du 18e siècle. (Je vous parlerai dans un autre billet des mots culotte et pantalon et le pourquoi on dit culotte pour un pantalon au Québec...
). (Malheureusement, ces caractéristiques linguistiques tendent progressivement à disparaître au profit d'un français épuré de toute connotation culturelle.)
Veste avec manches et basques de 1734 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/) Voyez comment le dos et le haut des manches sont en tissu ordinaire. Comme on portait toujours un justaucorps par dessus, cela ne se voyait pas. On ne voyait que le devant et le bas des manches. Ainsi, on pouvait se payer un tissu plus dispendieux pour les parties visibles seulement!

Veste sans manche avec basques de 1760 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)
Ici je vous propose quelques gilets absolument magnifiques que l'on peut, avec notre vision actuelle de la mode masculine, qualifier d'audacieux!
Ce qu'il faut savoir est qu'au 18e siècle, autant la culotte, le justaucorps que la veste pouvaient être dans un tissu à motif et coloré. Puis vers le tournant du siècle, on mise de plus en plus sur un habillement uni et sobre, souvent seul le gilet conserve couleurs et motifs. Cette façon de faire va perdurer tout le siècle suivant. Dans les années 1830 à 1870, ce sera le summun des gilets fous et colorés. Ce dernier, agencé à du marine, du vert forêt, de l'ivoire ou du noir prend tout sa place niveau style et contraste avec chic.

Gilet de 1830 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)

Gilet de 1839 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)

Gilet de 1845 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)

Gilet de 1845-50 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)

Gilet de 1850 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)

Gilet de 1870 (collection du Victoria & Albert Museum http://www.vam.ac.uk/)
Ensuite, à la fin du siècle, on va revenir à l'agencement 3 pièces...sauf que contrairement au 18e siècle, là les 3 pièces seront plutôt sobres dans leurs coloris. Fini les couleurs vives en grande quantité! Dans les années 1880-1900 on mise surtout sur des tweeds et des carreautés, dans des couleurs de brun, gris, vert, bourgogne, dans des tons plutôt assombris et neutres. Des années 1920 à 1950 les couleurs plus foncées et les rayures vont prendre la vedette et définir l'homme de bon goût. Le gilet est loin d'avoir repris du pep...Il s'accomode le plus souvent d'être la même couleur que le pantalon et le veston.

Gilet de 1915 (collection du Metropolitan Museum www.metmuseum.org )

Gilet de 1920 (collection du Metropolitan Museum www.metmuseum.org )
Puis, le gilet va devenir synonyme d'une mode dépassée et vieillotte. Il fera quelques réapparitions, sans vraiment rester. On le porte que pour un mariage...un bal...et encore! Finalement dans la 2e décénnie des années 2000 on le voit revenir!!! Enfin! 
Cependant, je déplore le manque de couleurs et de motifs. Quelle tristesse, le pauvre accompagne encore des vestons et des pantalons unis dans des gris, noirs, marine...Vous me direz que c'est la chemise qui a passé du blanc aux couleurs et aux motifs avec son amie la cravate...Mouais, ok...mettons... 
Mais à quand le retour des modes vraiement audacieuses et stylées? Qui permettra à nouveaux aux hommes de jouer la carte de la couleur, des motifs? Certes Le Château offre quelques coloris...mais qui osera les porter? Je ne pense pas voir cela de mon vivant...Il y a encore trop de préjugés et de blocages culturels!!
Quand même le gilet (la veste pour les Québécois), est de retour dans les garde-robes de nos hommes! C'est un bon début!
Donc, je vous présente quelques pièces...





Bonne semaine à tous! Je vais bientôt avoir des photos de costumes 1830 à vous montrer. Mais ce que j'ai le plus hâte, est de vous montrer les photos de la robe 1659...
À suivre!
Copyright © Evelyne Bouchard 2012
7 mars 2012
Bonjour! Dû à des changements d'horaire dans mon contrat au musée, j'ai pu finaliser aujourd'hui le catalogue pour les costumes 1660 - Filles du Roy! Oui!
Je savais que vous seriez contents! 
Donc, si vous désirez recevoir ce catalogue, simplement communiquer avec moi via courriel.

Je vous invite aussi à aller lire sur mon blog les deux autres billets sur le costume des Filles du Roy: parties 1 et 2. la plupart de vos questions y seront répondues. J'ai fait ces deux pages pour éviter de répéter 12 000 fois la même chose...et ainsi ne pas avoir ce précieux temps pour faire (justement) vos costumes 1660! 
Pour les membres de la Société d'histoire des Filles du Roy...une petite promotion a été concoctée juste pour vous. J'espère que vous aimerez.
Le catalogue propose des tenues pour des femmes du commun, comme l'étaient la plupart de ces Filles du Roy. J'ai essayé de monter des choix simples, versatiles et pouvant être accessibles à plusieurs budjets, de 450$ à plus de 1000$ pour un costume minimal à complet.
Voilà!

21 février 2012
Aujourd'hui, je vous présente mon costume des années 1800. Il faut dire que je n'ai pas souvent eut l'occasion de le porter, j'ai donc que fort peu de photographies. Néanmoins, comme je suis contente du résultat et que ça fait longtemps que nous n'avons pas fait de jasette «costume», c'est une belle occasion!
Au départ je m'étais fait un costume de femme du commun. Une tenue portable en toutes circonstances. Mon personnage de reconstitution devait être une blanchisseuse militaire française au 4e de ligne. On parle donc d'une robe de serge de laine de coupe un brin démodée, un peu courte, sans flafla. Le tout porté sur une chemise, un petit corset court et un jupon, avec pour le côté pratique un tablier et un mouchoir de cou. Mon seul élément un peu coquet était mon chapeau en feutre brun orné de rubans de soie, de plumes et d'une cocarde bleu, blanc, rouge.

Ici dans mon petit campement en train de manger.
(Le papier à côté du fromage est un papier parcheminé ciré...et non pas du plastique...
)
Ensuite, j'ai voulu me faire une version plus endimanchée. Rien de très chic, simplement ce que cette même femme aurait pu avoir comme tenue pour les occasions. J'ai donc réalisé une robe dans une mousseline soie et coton...très transparente! Comme bijoux, un collier et des boucles d'oreilles en corail, comme on peut le voir sur certains tableaux d'époque. Finalement, ce que je considère ma pièce clé: mon chapeau! Une pièce magnifique que je me suis fait faire par Timely Tresses (http://timelytresses.com/). Un contact obtenu par une compatriote reconstitutrice, qui en portait elle-même un que je trouvais superbe. Je dois dire que oui il m'arrive de commander ailleurs des pièces que je puis faire moi-même et dont je n'ai aucun malaise à attribuer à autrui. Il m'arrive de me payer ce plaisir lorsque la personne fait des merveilles. C'est une grande gâterie pour moi de me faire faire sur-mesure quelque chose, habituée que je suis à toujours tout faire. C'est spécial de vivre la fébrilité de ce processus, c'est une sorte de cadeau, vraiment!
Colliers de corail!


J'avais préparé cet ensemble au printemps 2010. Finalement, c'est en février 2012 que je l'ai porté pour la première fois!


Bonne semaine à tous! À partir de mars mon contrat en muséologie se termine...et je vais être à 100% dans mes commandes de costumes!
Donc...suivez mon blog: de belles créations sont à venir!
Copyright © Evelyne Bouchard 2012
12 février 2012
Cette semaine...je fais le ménage!
En fait, je liquide la plupart de mes vêtements civils pour les années 1940-50. Pourquoi? je fais moins de reconstitution de cette époque (et si j'en faisait plus, je voudrais changer mon look de toute façon) et je ne porte plus ce style dans ma vie moderne. Donc à quoi cela me sert de conserver tout cela, alors que ça pourrait avantageusement servir à d'autres? Ceux qui fréquentent souvent mon blog, savent que j'ai mis ces pièces en vente il y a un bon petit bout de temps...Là je mousse plus intensivement la chose!
Certains items sont des pièces vintage véritables, d'autres des reproductions. Tout est propre et en bon état, prêt pour débuter une nouvelle vie! Les items peuvent servir:
- pour un guide-interprète dans une institution muséale
- dans des animations de rue, du théâtre, au cinéma, etc.
- en reconstitution ou évocation historique
- comme matériel didactique ou éducatif
- comme pièce de collection (pour les items vintage)
- pour donner un look différent à une tenue 2012
La taille des vêtements est pour une femme de 5 pieds 2 pouces à 5 pieds 6 pouces, poids de 115 à 125 livres, tour de taille de 26 à 29 pouces et buste de 34 à 38 pouces. Bien sûr, selon les piuèces, les mesures varient en fonction de ce tableau. (Pour conversion en métrique: http://epiphanie.net/divers/conversion_metrique.html )
Les prix pour les items ou ensembles vont de 5$ à 190$. Pour voir les descriptions c'est par ici: http://evelynebouchard.e-monsite.com/pages/a-vendre.html
Si cela vous intéresse, communiquez avec moi!



8 février 2012
Cette semaine, je vous propose un article sur la reconstitution historique (with an english version!!!
). J'ai écris cet article pour l'Encyclopédie de l'Amérique française en 2009. Cet article propose un portrait de la naissance et de l'évolution de ce loisir au Québec, quelques statistiques, les enjeux, de même que ses deux versions les plus fréquentes soit l'évocation et la reconstituion en tant que telle.
Version française :
English version :
http://www.ameriquefrancaise.org/en/article-539/Historical_Reenactment:_A_Fascinating_Hobby.html
Ensuite, je vous propose un petit questionnaire qui vous permettra de savoir si vous êtes un évocateur ou un reconstituteur, et à quel degré. Répondez à chaque groupe de questions en fonction de ce que vous faites vous-même ou ce que requiert votre association. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Bien sûr, cela n'a pas une grande valeur scientifique! Mais cela permet de se connaître un peu plus et de bien choisir son association. 
jeu-questionnaire.pdf (originalement publié en 2007 dans le magazine Oriflamme http://magazineoriflamme.com/ )
Pour le reste, je devrais être plus présente sur mon blog pour les mois à venir...Car je termine bientôt mon contrat de technicienne en muséologie pour me concentrer sur mes commandes de costumes au cours de l'été. 
Bonne semaine à vous tous!
Copyright © Evelyne Bouchard 2012
Voici une foire aux questions sur le sujet…
Si je n’ai pas d’annulation dans mes commandes actuelles, je ne puis rien livrer pour les Fêtes de la Nouvelle-France 2012. Tous les clients que je fais actuellement m'ont réservés en 2011. Reste à voir quelle est votre priorité: posséder un «costume» ou un produit de haut standard ? Si la réponse est le deuxième point, des délais peuvent être nécessaires.
Pas de problème ! Si j’ai plusieurs commandes pour des costumes 1660 pour 2013, pour le même évènement, il est possible que je les regroupe dans le même laps de temps. Ceci afin de rendre la production plus efficace et peut-être même réduire les prix pour certains items. N'hésitez pas à en parler autour de vous!
Oui je l'avoue, vous pouvez avoir chez un costumier ou une couturière standard un costume «toutes-époques» composé d'une jupe, d'une blouse, d'un corsage et d'un bonnet pour un prix variant entre 20$ et 75$ en location et à l'achat pour 50$ à 200$. Je ne peut pas battre ces prix. Par contre, je vous offre un choix d'items que vous pouvez éliminer ou ajouter en fonction de votre budget tout en respectant ce qui aurait été une base vestimentaire logique pour l'époque. En plus du costume, la recherche historique est incluse, vous êtes certains de l'authenticité des tissus, des modèles et de l'ajustement. Cela dépends de vos priorités et perceptions personnelles.
Surtout avec Internet, tout est si facile et ce encore plus vite que si nous étions dans la même ville. Je suis une fille de Québec que l'amour a menée à Montréal... c'est la vie!
Est-ce vraiment pratique de faire faire un costume historique par quelqu'un qui s'y connait peu ou pas et qui malgré toute sa bonne volonté offrira un produit peu convaincant; au lieu de faire affaire directement avec une spécialiste qui offre un "tout en un", de la recherche aux achats de matériaux, du design à la confection ?
Cela est normal et évident. Alors, pourquoi ne pas compléter la démarche en faisant vos propres recherches? Vous aurez ainsi une expérience de la couture historique beaucoup plus large et enrichissante. Osez être créative et réellement combler votre désir d'autonomie.
Côté beauté, là l’évidence parle d’elle-même le jour où on voit un vrai costume historique bien reconstitué. Le costume historique offre aussi une facilité d'entretien, surtout en voyage, que le costume de costumier n'offre pas toujours!Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite