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La propreté au 18e siècle: par la chemise ou le caleçon?

5 mars 2016

Bonjour tout le monde! Aujourd’hui je me paie un plaisir et je viens écrire sur mon blog. Entre mon emploi, les obligations domestiques et mes cours…il reste peu de temps!

Aujourd’hui je vous propose un exemple concret de comment il est possible de se servir d’une source pour affirmer que les gens n’étaient pas propres au 18e siècle.

 

Prenons le livre La culture des apparences, une histoire du vêtement XVIIe-XVIIIe siècle de Daniel Roche, à la page 369 il est dit :

 

« Quand le baron de Shomberg est célibataire, il s’adresse à une lingère, madame Guénart, qui se charge à la fois de la confection et du maintien. Le rythme du nettoyage est hebdomadaire : ainsi, pour une semaine de 1759, 5 chemises, 3 mouchoirs, 1 paire de chaussettes, 6 paires de chaussons (nous sommes en hiver), 1 paire de manchettes et plus épisodiquement des bonnets, les draps, une paire de bas et un caleçon. Voilà donc un modèle de consommation nobiliaire pour 2 à 3 livres par semaine, et pour un militaire célibataire qui change pratiquement de chemise et de col tous les jours – ce qui se voit le plus-, de mouchoir tous les deux jours et de caleçon tous les 27 jours! Ce comportement est conforme aux normes des civilités. Ce n’est qu’après 1762 que le baron Schomberg fera nettoyer ses caleçons une fois par semaine. On constate une amélioration de l’hygiène intime avec le mariage, mais l’on est loin du renouvellement quotidien dont à parlé F.Braudel. »

 

Il faut savoir que ce monsieur est très propre, avant ou après 1762. En premier lieu, il faut savoir que les chemises du 18e sont très longues, se croisent dans l’entre-jambe, faisant ainsi office de caleçon et ramassant toute salissure corporelle pouvant émaner de l’entrejambe. Le caleçon sert de doublure lorsque l’on porte une culotte de chamois ou de laine qui n’en as pas. Il peut aussi servir à avoir plus chaud en hiver. Ce n’est donc pas un vêtement qui touche à l’entre jambe comme une paire de bobettes d’aujourd’hui! Je craindrais plus un homme qui change souvent de caleçon et plus rarement de chemise.

 

Pourquoi le baron se mets à faire laver des caleçon plus souvent à partir de 1762? J'aimerais bien lire le livre de comptes. Est-ce parce que la liste que nous avons est en été, donc il porte des culottes non doublées et préfère le caleçon qu'il peut laver? Est-ce parce que ses nouvelles culottes sont toutes sans doublure? Est-ce parce qu'il monte plus régulièrement à cheval, donc il porte plus souvent sa culotte de chamois? Bref, tant que nous n'avons pas plus d'information, je n'irai pas plus loin dans l'interprétation.

 

1 chemise 1 

 

Ensuite, ne soyons pas surpris de ne pas avoir de multiples paires de bas, car notre baron porte des chaussettes ou des chaussons…et ses bas par-dessus. C’est plus chaud pour hiver, économise les bas de soie ou de laine fine et conserve bien la propreté du pied, puisqu’il les change tous les jours! Voici quelques notes que l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert nous dit à propos des chaussons : « On porte des chausson sen hyver pour la propreté & la commodité, en été pour la propreté: ils se mettent à nud sur le pied » et pour les chaussettes : « Partie de l'habillement des jambes; ce sont proprement des bas ou de toile, ou de fil, ou de coton, ou de fil & coton, qu'on met sous d'autres bas ».

 

J’espère vous avoir invité une fois de plus à lires les documents avec un autre œil… car qui ne connaît pas la forme et les usages des vêtements, risque de se méprendre!

 

À bientôt!

Evelyne

Mon nouveau manteau de lit

2 juin 2014

Bonjour chers lecteurs,

Tel que mentionné dans mon dernier billet, les femmes de la SHIM avaient le projet de réaliser des manteaux de lit cette année. Divers aléas de la vie nous ont empêchés de mener le projet à terme pour l'activité 1750 ayant eut lieu au Manoir Mauvide-Genest la fin de semaine dernière.

Cependant, de mon côté, j'ai réalisé mon manteau de lit. Ce qui est une bonne chose puisque je ne me souvenais plus trop comment faire certaines étapes. Cela m'aura rafraîchit la mémoire avant de superviser les autres femmes pour faire le leur.

Le voici donc!

Il est en soie à motifs tissés jaune or, crème et rouge avec une doublure en lin grège et des rubans de soie jaune or. Je le porte sur un corps baleiné en soie jaune or et rouge aussi doublé de lin grège et une chemise de lin blanc garnie de manchettes et d'un tour de gorge de dentelle, tous deux montés sur ruban de fil.

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Je porte aussi, tout en dessous, un jupon en lin blanc assez grossier, mon « jupon de propreté » comme je l'appelle (ce nom n'est pas documenté). Par dessus, j'ai ajouté un nouveau jupon en organdi blanc garni d'une large bordure de dentelle, comme on peut le voir sur ce tableau de Maurice Quentin de La Tour réalisé en 1755 et conservé au Musée du Louvre.

Pompadour6De la tour marquise robe tapis

Par dessus ce jupon garni, j'en porte un dernier en soie à rayures, dont certaines sont tissées satin et d'autres taffetas.

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J'espère pouvoir vous montrer les manteaux de lit des autres femmes de la SHIM bientôt! C'est à suivre! D'ici là, je vous invite à lire le blog de la SHIM ainsi que son Facebook.

Evelyne

Images et contenu Copyright © Evelyne Bouchard 2014

Projet manteaux de lit

 

10 avril 2014

Bonjour chers lecteurs! Quel plaisir de vous retrouver! Pour ce nouveau billet, je vous propose de vous présenter mon prochain projet de couture pour ma reconstitution historique 1750 au sein de la SHIM.

Dans le cadre de la SHIM, j'ai proposé aux femmes un atelier « manteau de lit ». Toutes ont embarqué avec joie. Car comme je ne n'ai plus le temps pour prendre des contrats de couture, cette idée leur permettait de compléter leur garde-robe.

Qu'est-ce qu'un manteau de lit?

C'est une sorte de « linge mou » du 18e siècle. C'est à dire, un corsage plutôt ample qui se porte avec un jupon directement sur la chemise. Celle-ci avec ou sans corset, corps baleiné ou camisole . L'intérêt est qu'en soirée ou en matinée, cela permet d'être décente tout en relâchant son vêtement de soutien. Il aide aussi à l'intimité lors de la toilette du matin ou du soir. Si Madame sonne sa femme de chambre alors qu'il est une heure bizarre, cela lui permet d'être présentable rapidement. En été, s'il fait très chaud et très humide, cela peut aider à résister à un coup de chaleur. Bref, c'est plein de bon sens et d'utilité!

Comme patron, nous utilisons le patron de Suzanne Gousse (non disponible sur le marché) qu'elle a réalisé à partir de ses recherches, entre autre, dans l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert (un livre publié au 18e siècle), dont voici une image:

Bedgown garsault

Pour compléter la compréhension de l'item, voici une version réalisée il y a quelques années avec ce même patron :

is_00239.jpg

 

Pour notre projet, tous les manteaux de lit seront doublés de lin grège. Un tissu brut, simple et idéal pour cet usage, peut importe le niveau social du personnage.

 

Pour Soeur Saint-Antoine, nous avons opté pour une serge de laine noire, la même que pour sa robe.

Soeur Saint-Antoine

 

Pour Odette, servante de cuisine, une jolie serge de laine rouge foncé. ne vous méprennez pas, son mantelet est rouille! Ce n'est pas la même couleur.

Odette

 

Jeannette, femme de chambre de Madame, aura un manteau de lit d'une couleur plus claire, tout à fait adaptée à son jeune âge!


 

Puis, pour Madame, un damassé de soie dans les tons de rouge, orangé et ocre a été choisi.

perigny6.jpg

 

Les doublures ont été taillées lors de la rencontre annuelle de la SHIM (surveillez le blog, il devrait avoir un billet sur le sujet un moment donné). Il reste maintenant aux femmes à tailler leur tissus de dessus avant que la couture puisse commencer.

C'est à suivre!

À la prochaine!

Les photos proviennent du facebook de la SHIM, les tissus de laine et de soie: http://www.renaissancefabrics.net/ et les tissus de lin: http://www.fabrics-store.com/

Copyright © Evelyne Bouchard 2014

 

 

 

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